Stratégie

La formation se déroule sur trois années culturales :

  • une première saison de neuf mois en internat au C.A.R.T.O., centre de formation.
  • Deux années de suivi au retour du paysan dans son village. Le but étant de l’aider à bien mettre en action les acquis de sa formation tant en agriculture qu’en agroforesterie. Les visites au village favorisent aussi le travail des femmes au niveau des AGR (activités génératrices de revenus).

Pour porter des fruits durables, la formation doit être assimilée et personnalisée.

L’action du C.A.R.T.O peut se décliner selon ces trois idées force : formation – éducation – action.

Formation
Construire une entreprise performante et durable, et a fortiori, construire une personne, cela demande de la ténacité et une volonté forte. Les programmes « Sables Verts » et l’actuel programme recrutent de jeunes agriculteurs ayant fait ‘l’aventure’. Au fil des années, nous sommes témoins de cette volonté de se construire sur place sans rêver à un hypothétique eldorado qui n’apporte bien souvent qu’amère déception. C.A.R.T.O. propose donc aux jeunes qui ont déjà une expérience en agriculture de parfaire leurs connaissances afin de pouvoir améliorer les performances de leur entreprise familiale tant en agriculture qu’en élevage. C.A.R.T.O axe la formation donnée sur l’agro écologie.

pprendre à réfléchir, penser son action avant d’agir, permettent souvent de ne pas sombrer dans un activisme stérile. C’est toute l’approche de la formation dispensée au C.A.R.T.O. où les temps de formation théoriques permettent de comprendre la pratique enseignée. Que ce soit par les cours théoriques, le visionnement de films pédagogiques sur les techniques culturales et l’agroforesterie, l’alphabétisation, les évaluations faites en groupe, C.A.R.T.O. veut donner à ses stagiaires les clefs de la compréhension et de l’action réfléchie.

Pour que la démarche soit complète C.A.R.T.O. demande à ses anciens stagiaires d’être des modèles dans leurs pratiques et de partager leurs nouvelles connaissances avec leurs voisins. Ainsi, cette transmission de pratiques améliorées permettra-t-elle à tout un village d’entrer dans une démarche de progrès vers l’autosuffisance alimentaire et un mieux être général.

Education
Dans la droite ligne du désir du fondateur des Frères, l’abbé Jean-Marie de la Mennais, C.A.R.T.O. veut former l’homme tout entier : cœur, corps, esprit. Si, la congrégation trouve son origine dans la Bretagne du XIXè siècle où très peu d’adultes étaient ‘lettrés’ et un nombre infime d’enfants scolarisés, C.A.R.T.O., depuis son arrivée dans le Kpendjal, garde ce souci très vivant de « faire des hommes debout ». L’éveil religieux proposé chaque semaine procède de ce désir de construire l’homme dans son intégralité.

Au centre de formation agricole, C.A.R.T.O. dispense une formation adaptée à chaque groupe de personnes. Les adultes, pères et mères de famille, se forment aux techniques d’une agriculture durable axée sur l’agro écologie et l’agroforesterie.

Ils sont alphabétisés en français afin de leur permettre d’acquérir les rudiments d’une langue de communication internationale.
Les femmes reçoivent une formation spécifique (cuisine, tricot, AGR …) dans le but de leur donner des clefs de réussite pour le lendemain.

Les gardiennes d’enfants qui accompagnent les couples sont alphabétisées et reçoivent une formation générale qui les prépare à leur avenir de femmes au foyer.

Les enfants d’âge scolaire suivent leur scolarité dans l’Ecole Primaire Catholique Jean-Marie de la Mennais.
Pour les autres enfants plus jeunes, une garderie est assurée chaque jour. Les enfants âgés de 4 et 5 ans bénéficient d’une formation adaptée du style ‘jardin d’enfants’ afin de les préparer plus directement à entrer au cours primaire.

Action
« Les paroles s’envolent, les écrits restent » dit l’adage bien connu. Au C.A.R.T.O. qui s’adressent à des personnes illettrées pour la plupart, nous pourrions traduire : « les paroles s’envolent, les actions demeurent ! ».

  • Parler des problèmes de désertification, de détérioration de l’environnement ne suffit pas.

Apprendre à élever des arbres en pépinière et à reboiser et à entretenir les jeunes plants, parfaire ses connaissances sur les différentes variétés d’arbres au service de l’agriculture, autant de nouveaux acquis que les stagiaires auront à cœur de pratiquer chez eux parce qu’ils en connaissent le bien fondé.

  • Parler de « fertilisation des sols» ne suffit pas.

Pratiquer l’assolement, la préparation de fosses fumières, préparer du compost, lutter contre les feux de brousse, apprendre les techniques anti érosives (cordons pierreux ou mise en place de vétiver), planter des arbres en suivant des courbes de niveau, fertiliser au maximum les terres au moyen de l’épandage de compost et de fumier, enfouir les végétaux, avoir recours aux engrais chimiques de façon limitée et surtout bien calculée, autant de pratiques auxquelles se rôdent les stagiaires durant les neuf mois de formation au C.A.R.T.O. Ainsi, ils entrent dans la grande démarche d’une agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement.

  • Parler de « culture attelée » ne suffit pas.

Apprendre à entretenir les animaux, apprendre à dresser et à utiliser les bœufs et les ânes pour la traction animale, apprendre à gérer les animaux avec fermeté et douceur, apprendre à utiliser toute la chaîne de culture attelée (triangle, charrue, barre rayonneuse, butteur, charrette, tombereau, tout cela demande une longue pratique qui se vit tout au long du stage de formation.

  • Parler de « semences améliorées » ne suffit pas.

Apprendre à sélectionner les graines à semer (sélection massale), apprendre à produire des semences améliorées, voici des pratiques qui ne seront pas étrangères aux stagiaires qui sortiront du C.A.R.T.O.

  • Parler d’élevage ne suffit pas.

Pratiquer quotidiennement l’entretien des locaux destinés aux différents élevages, préparer les différentes provendes, pratiquer la prévention et prodiguer les soins vétérinaires, apprendre par le concret comment améliorer les races, apprendre à gérer les bénéfices générés par les élevages, tout cela contribue à motiver les stagiaires pour une bonne application lors du retour au village.

  • Parler de vie sociale, de démocratie cela ne suffit pas.

Organiser le village autour du chef élu démocratiquement, sans tricherie, (une personne = une voix), s’habituer à résoudre les problèmes inhérents à toute vie en groupe par le dialogue et le respect des autres, s’habituer à écouter et tenir compte de l’avis des épouses, s’habituer à prendre des décisions en couple pour tout ce qui est de la vie interne à chaque famille, apprendre à écouter les gardiennes et les enfants, à parler avec eux, tout cela se pratique pendant neuf mois et laisse des traces dans le cœur de chacun.

Lutter contre la désertification